Check and mate - Ali Hazelwood
- Pages Ensoleillées

- 26 déc. 2025
- 3 min de lecture
Quand les échecs révèlent les failles et les combats
J’ai littéralement dévoré ce livre. L’écriture est fluide, accessible, et on est très rapidement plongé dans la vie de Mallory (Mal).
Dès les premières pages, je me suis interrogée sur ce qui était arrivé à son père : une séparation ? Un abandon ? Un décès ? Une exploitation de son talent aux échecs ? Une chose est sûre : Mal et son père entretenaient une relation très particulière autour du jeu d’échecs.
C’est aussi un roman qui illustre avec beaucoup de justesse le fonctionnement du système social américain : tu veux faire des études ? Tu payes. Tu as une maladie chronique ? Tu payes aussi. Sans revenu stable et conséquent, la vie devient extrêmement compliquée, presque une question de survie.
La relation avec son père a clairement laissé des traumatismes profonds. On ressent notamment un fort sentiment de culpabilité lié à la situation financière de la famille, mais aussi un blocage émotionnel : Mal évite de s’attacher aux nouvelles personnes qu’elle rencontre. Elle parle très librement de ses relations sexuelles — sans attache, sans genre particulier, sans honte ni tabou (et c’est évidemment totalement légitime pour une femme). Mais au fil de la lecture, j’ai eu le sentiment que ce détachement émotionnel était lié à la double vie de son père : sans attache émotionnelle, pas de tristesse possible.
J’ai également beaucoup apprécié la mise en lumière du machisme dans le monde international des échecs. Le livre rappelle à quel point il reste encore énormément de travail à faire pour déconstruire l’idée selon laquelle les hommes seraient intellectuellement supérieurs aux femmes.
D’un point de vue plus global, les petites sœurs m’ont vraiment fait rire. On retrouve parfaitement les codes de la crise d’adolescence, et la dynamique entre trois sœurs est très réaliste. Étant moi-même issue d’une fratrie de trois sœurs, j’ai trouvé cette représentation très juste, notamment sur la difficulté de trouver sa place.
La relation avec Nolan est particulièrement agréable à suivre. On voit très bien que, lorsqu’il joue contre Mal, la compétition n’a plus d’importance : il veut simplement partager une belle partie d’échecs, sans se soucier de gagner ou de perdre, et il aime se laisser surprendre par son jeu. J’ai trouvé original que Nolan soit vierge et que ce soit une femme qui prenne le rôle de celle qui « explique » et guide, inversant ainsi les clichés habituels.
Le personnage de Defne est aussi très marquant. Le passage où elle parle de l’impact de la misogynie sur sa carrière, et de la manière dont elle a réussi à se reconstruire, est particulièrement fort.
C’est un livre sans tabou sexuel, sans pour autant être spicy : aucun passage cru, ce qui rend l’ensemble très équilibré.
Conclusion
Check & Mate est un très bon roman, intelligent et engagé, qui aborde des thèmes forts comme la misogynie, les traumatismes familiaux, la précarité financière et la place des femmes dans des milieux historiquement masculins. J’ai beaucoup aimé la façon dont Ali Hazelwood continue de pointer du doigt le sexisme, que ce soit dans le monde scientifique, mathématique ou ici celui des échecs. J’ai adoré ma lecture, mais il ne m’a pas bouleversée ou marquée durablement comme certains autres livres ont pu le faire. Cela reste néanmoins une lecture très agréable, pertinente et engagée, que je recommande sans hésiter.

Genre | Romance scientifique |
Nombre de pages | 400 |
Format | Broché |
Maison d'édition | |
Mois de lecture | Décembre 2025 |
Note | ⭐⭐⭐⭐ |



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