Saison T1 - Un automne pour de pardonner - Morgane Moncomble
- Pages Ensoleillées

- 22 mars
- 3 min de lecture
Un thriller psychologique sombre et addictif :
entre manipulation, faux-semblants et obsession
Dès les premières pages, le ton est donné : tous les personnages sont profondément dérangeants. Il n’y a pas de figure réellement saine dans ce roman, seulement une galerie de profils plus toxiques les uns que les autres. Au centre de tout, Rory. Victime du drame, certes, mais surtout un personnage pervers, narcissique, manipulateur et égocentrique, impossible à apprécier. Il incarne une forme de violence psychologique constante, notamment à travers le harcèlement qu’il inflige à ceux qu’il juge inférieurs ou menaçants.
Et son entourage n’est guère mieux. Alastair, son frère, semble vivre dans son ombre, prêt à tout accepter. Skye paraît davantage intéressée par l’argent que par les sentiments. Gideon est prêt à se renier pour intégrer ce cercle privilégié. Quant à Lou, il fait peut-être les choix les plus douloureux : rester dans une relation toxique par manque d’amour familial. Ensemble, ils forment un groupe chaotique, uni par la cruauté, les apparences et un besoin constant de domination.
Au milieu de ce chaos, Camélia apporte un contraste frappant. Intelligente, déterminée, future avocate, elle possède une véritable soif de vérité. Mais elle est aussi une victime de cette bande, ce qui rend son implication dans l’enquête encore plus intense. Sa relation avec Lou est particulièrement intéressante : entre tension, attraction et désir de revanche, elle n’hésite pas à le pousser dans ses retranchements, presque comme une forme de justice personnelle après des années de souffrance.
Ce qui rend le roman aussi prenant, c’est le jeu constant des hypothèses. Très vite, j’ai eu l’impression que tout le monde pouvait vouloir tuer Rory. Puis certains personnages ont été écartés dans mon esprit… avant de redevenir suspects. J’ai même imaginé des scénarios improbables, comme un échange d’identité entre Rory et son frère, ou encore un suicide – hypothèse rapidement écartée tant elle ne correspond pas à la personnalité de Rory, pour qui cela aurait été un aveu de faiblesse.
L’enquête gagne en intensité à mesure que les indices s’accumulent, notamment avec l’énigme des six menteurs autour d’une table. Ce puzzle psychologique devient de plus en plus complexe, jusqu’à semer le doute sur tout le monde. Peu à peu, certaines hypothèses prennent du poids, notamment autour d’Alastair, dont on découvre une personnalité bien plus trouble qu’il n’y paraît au départ. Derrière son apparente fragilité, on entrevoit des mécanismes aussi sombres que ceux de son frère… ce qui rend la révélation finale d’autant plus marquante.
Ce roman m’a totalement absorbée. J’ai passé mon temps à analyser, douter, soupçonner. On accuse tour à tour chaque personnage, sans jamais être totalement sûr de rien. L’ambiance est lourde, tendue, presque oppressante, et on ressent profondément la détresse psychologique de chacun.
Malgré tout, certains éléments m’ont un peu freinée. Je n’ai, par exemple, pas ressenti le même choc que dans Nos âmes consumées de M.K. Pagano, même si le suspense m’y a fait penser. De la même manière, l’attachement émotionnel était moins fort que pour Ember Fall, pourtant dans un registre totalement différent. Et, fait assez révélateur : je n’ai même pas eu envie de lire le chapitre inédit sur Rory, tant ce personnage m’a mise mal à l’aise.
Conclusion
Ce thriller est une lecture intense, sombre et psychologiquement marquante. Il brille par son atmosphère oppressante, ses personnages complexes et son intrigue qui pousse à réfléchir en permanence. Même s’il ne m’a pas totalement bouleversée comme d’autres lectures du même genre, il reste un très bon roman, que je situerais entre 3 et 3,5/5, et qui plaira sans aucun doute aux amateurs de mystères tortueux et de personnages moralement ambigus.

Genre | Romance Thriller |
Nombre de pages | 480 |
Format | Relié |
Maison d'édition | |
Mois de lecture | Janvier 2026 |
Note | ⭐⭐⭐ |

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